Chapitre 2 sur 4

Tu ne connaîtras pas mon nom

≈ 9 min

Tu sais ce qui est plus improbable qu’une fille qui se
masturbe avec un inconnu dans les chiottes des mecs ?

Une nana qui découpe à la scie un putain de trou dans la
paroi des chiottes de sa fac.

Finalement, le plus dur, c’est de faire le premier trou.
Découper de manière régulière n’est pas évident, mais le faire
entre deux passages de mecs l’est encore moins.

Je me demande combien de temps cette petite porte
dérobée va rester ouverte. Un petit coup de gouache blanche
sur la découpe et… Parfait !

Vu l’hygiène plus que limite des locaux ici, ça m’étonnerait
fort que le personnel de nettoyage remarque quoi que ce soit
parmi les nombreux tags gravés sur la paroi. Et la planche est
suffisamment épaisse pour qu’un simple coup de chiffon ne
fasse pas tomber le rond de bois de l’autre côté.

Je pense l’avoir fait à la bonne hauteur… et au bon diamètre.
Assez pour s’amuser. Mais pas assez pour être vue.

Cette idée m’est venue hier soir alors que je peinais à
m’endormir, tellement j’étais excitée à l’idée de recommencer
mon petit jeu.

Je n’aime pas l’idée de coucher pour coucher. Je pourrais
probablement aller voir n’importe quel mec et lui faire des
avances, je suis certaine que la majorité accepterait sans
broncher.

Mais voilà… je n’ai aucune envie de nourrir les ragots et les
commérages. M’exposer c’est dévoiler qui je suis ; dévoiler ma
déviance sans le plaisir que cela pourrait m’apporter.

Mon timide se fait désirer. Je doute qu’il ait réellement
noté l’heure hier, tant notre complicité nous a coupés de l’espace
et du temps. Je regarde l’horloge digitale sur mon smartphone
et lâche un soupir.

Les garçons passent et s’en vont. Après plusieurs faux
espoirs, un gars entre enfin dans la cabine. Je reste dans la
même position que la veille, en tailleur, attendant qu’il parle le
premier. Mais rien. Il baisse son jean et à la pilosité de ses
jambes, je devine que ce n’est pas lui. Zut.

Un homme rejoint la scène. Et à sa démarche, mon corps
s’éveille, comme s’il reconnaissait ce corps jamais vu ni touché,
mais dont il se souvient du goût. Il tente d’entrer dans la cabine,
mais elle est bien évidemment occupée.

- Merde. Putain. Dégage-toi ! sifflé-je entre mes dents.

Je m’impatiente. Par amour du risque, je laisse pendre ma
Converse colorée sous la porte avant de ma cabine. L’homme qui
patiente semble la remarquer et il me fait un « coucou » avec sa
cheville.

C’est bien, de l’humour ! Il est finalement un peu moins
coincé que je ne le pensais.

Enfin, l’indésirable s’extrait de la cabine. Mon timide fait
genre de se laver les mains puis attend qu’il sorte de la pièce
pour enfin rentrer.

Le bruit du verrou fait palpiter mon cœur. Je suis déjà nue
et les cuisses ouvertes. Je me suis un peu échauffée en
l’attendant…

- Salut !

- Salut, c’est tout ? le taquiné-je d’entrée de jeu.

- Salut toi… j’ai pas arrêté de penser à toi.

- Ah, c’est mieux !

Un petit silence s’installe. Et la complicité de la veille
revient, plus forte, nourrie par une nuit entière de désir.

- Moi aussi, j’ai pas arrêté de penser à ce que l’on a fait hier.

- C’est vrai que ça m’a vraiment beaucoup excité…

- J’ai une surprise pour toi…

- Ah ?

- Pousse, là.

Je mets deux coups forts dans la paroi, décollant un peu le
cache qui obstrue le trou que j’avais mis trois heures à faire au
péril de ma scolarité.

Il pousse un peu, sans comprendre tout de suite à quel
point le trou n’était pas juste de la taille d’un trou de serrure. Il
s’exclame alors, avec un rire presque gêné alors que je retire le
rond de bois.

- Ah ouais…
- Sympa, non ?
- Je ne sais pas si je te trouve totalement folle ou totalement
géniale.
- Qu’est-ce que tu préfères ?
- Les deux…
- Monsieur ne se mouille pas.
- Mais toi, je suis sûr que c’est le cas.

Je lâche un petit ricanement. Parfaite transition. Et il a
raison.

- Peut-être… tu veux vérifier ?

- Avec plaisir…

Je me lève, puis me fais un peu désirer. J’approche du trou.
Mais avant que sa main ne s’introduise dans mon espace, je la
prends et l’emprisonne.

- Avant que tu n’aies plaisir à me découvrir… trois règles à respecter.

- Euh… okay je t’écoute.

- Règle numéro 1 : tu ne verras pas mon visage et tu ne chercheras pas à le voir. Si tu le vois, tu ne me reverras plus jamais. Compris ?

- Hmmm… d’accord.

- Règle numéro 2 : tu ne connaîtras jamais mon numéro de téléphone ni mon prénom. Je serai une éternelle inconnue.

- D’accord.

- Règle numéro 3 : si tu essaies de me filmer ou que tu caftes sur ce qu’on fait, crois-moi, je te défonce la gueule.

- T’inquiète. Je suis réglo.

- Règle numéro 4…

- Il n’y en avait pas 3 ?

- Chut. Tais-toi.

- Okay…

- Règle numéro 4 : t’as intérêt à être un bon coup.

- Oui chef !

Je libère sa main en la caressant. Je m’approche du trou.

Il colle doucement ses doigts contre mon sexe. Je place la
paumes de mes mains et mon front contre la paroi. Je ferme les
yeux et profite du contact chaud de sa main.

Il passe soigneusement sur mes lèvres, sur ma vulve, sur
mon clitoris, s’arrêtant sur ce dernier. Il le fait doucement
tourner. Je sens que je mouille déjà beaucoup. Il entre ses doigts
en moi et je me mords la lèvre inférieure en lâchant un petit
gémissement.

Qu’ils sont bons ses doigts… Bien longs et agiles. Les
phalanges se déplient dans mon vagin, chatouillant le point le
plus sensible. Je commence à frissonner intensément et cela se
voit sur mes jambes.

Il s’arrête un instant et je sens son souffle chaud contre
mes lèvres. Ses baisers remontent mon sexe. Je serre du poing
un drap invisible. Sa langue lape ma cyprine avec agilité. Il
s’applique. Il y met du sien. Et la danse de sa langue sur mon
petit bouton rouge est enivrante. Je suis conquise.

Je sens de nouveau ses doigts entrer en moi, sans aucune
difficulté. Sa langue reste sur mon clitoris et me tease de gauche
à droite et de droite à gauche pile à la bonne hauteur. J’ai du
mal à rester discrète, surtout quand un premier garçon vient
nous déranger.

Mais aucun de nous deux ne semble être perturbé. Nous
continuons. Je contiens un compliment que j’avais très envie de
lui adresser.

- Hmm… tu lèches bien, lui avoué-je à peine l’intrus disparu.

Il ne répond rien et suce mon clitoris entre ses lèvres. Il
m’arrache un gémissement.

- Oh putain… hmm… continue…

Le rythme s’accélère. Cela fait bien plus d’une bonne
dizaine de minutes qu’il m’entraîne petit à petit vers l’orgasme.
C’est parfois dur de lâcher prise lorsqu’on a l’habitude de le faire
très souvent seule. Mais là, je suis comblée. Le plaisir monte…

- T’arrête pas… le supplié-je.

Il se positionne comme il faut pour me doigter
profondément tout en titillant frénétiquement mon clitoris. Je
sens mon ventre qui s’embrase. Je lâche un mini-cri de
jouissance que je peine à garder discret. Mon corps tangue
dangereusement et je manque de m’écrouler sur les toilettes
derrière moi.

Je recule un peu et reprends mes esprits. J’ai du mal à
calmer ma respiration. Et mes hormones aussi. Je vérifie d’un
œil qu’il n’a pas profité de cet instant de faiblesse pour
m’observer par le trou.

Non, il est assis, les jambes croisées.

- Alors ? lança-t-il, d’un air fier de lui.

- Il y a du potentiel…

Je récupère l’usage de mes jambes en les frottant
vigoureusement pour en éliminer les fourmis. Je me mets à
genoux et attache mes cheveux d’un élastique.

- Donne-moi ta queue…

C’est le moment de m’amuser. Mon corps est satisfait,
même si je suis très tentée de lui proposer bien plus que des
préliminaires. Mais l’envie qui prédomine à cet instant, c’est celle
de le rendre totalement fou.

Je vois son sexe apparaître dans le trou qui nous sépare. Il
colle son ventre contre la paroi et je découvre mon nouveau
jouet.

Je commence par le saisir en main et tourne sa verge dans
tous les sens pour vérifier qu’elle est bien propre. Il est bien
proportionné, le gland gonflé et brillant d’excitation, de délicieux
centimètres en largeur. Visiblement, je lui fais de l’effet.

Il sursaute alors que ma main se ferme sur son sexe.

- Ah tu as la main froide ! rigole-t-il.

- Pardon…

Je place quelques secondes ma main entre mes cuisses.
Puis, bien tiédie, elle rejoint ce sexe bien dressé et impatient
d’avoir son dû.

Je le branle doucement. J’ai envie qu’il soit vraiment très
dur. J’approche mes lèvres et ma langue vient remonter sa
verge de bas en haut, lui arrachant un petit soupir d’aise.

Je laisse ma salive couler sur son gland, rendant la
branlette plus excitante. Un baiser au bout de son gland vient
conclure ce petit échauffement.

Son gland écarte doucement mes lèvres. Ma langue
l’accueille chaleureusement. Je fais entrer son sexe à bonne
distance, à la frontière de ma gorge. Et le premier va-et-vient
semble très apprécié.

Je suce jusqu’aux trois quarts de sa verge, serrant mes
lèvres pour qu’il y soit délicieusement lové. J’accélère. Ma
fellation est moins douce qu’à son début.

Je laisse son gland entrer dans ma gorge. Il comble
rapidement les quelques centimètres qui le séparent du fond.
Je déglutis. Il gémit. Alors, je recommence.

La gorge profonde s’éternise pour son plus grand plaisir. Je
reprends mon souffle et suce le devant de son sexe non sans
l’avoir bien trempé de ma salive. Le délicieux glissement dans la
bouche fait son effet. Je sens qu’il n’est pas très loin de la
jouissance.

Je sens une petite hésitation. Je l’étouffe immédiatement
en le prenant dans ma gorge encore une fois, accélérant le
rythme de mes mains sur la garde de sa verge, repoussant mes
limites et luttant contre mon besoin de prendre une grande
bouffée d’oxygène.

Je veux qu’il jouisse…

Son sexe vibre et gonfle encore un peu. Il vient. Je recule
un peu sa verge dans ma bouche et me prépare à l’accueillir. Je
ferme mes lèvres sur son gland pour lui laisser tout l’espace qu’il
espère.

Il tremble un peu et lâche un petit râle de plaisir, qu’il
essaie de contenir lui aussi. Son sexe se fige dans ma bouche.

Le premier jet de sperme chaud me remplit pour moitié.
J’adore cette chaleur. Je le fixe à travers la paroi comme si j’avais
des rayons X à la place des yeux. Vient la seconde vague, plus
forte, qui comble toute ma bouche. Sentant venir la troisième
dose, je suis contrainte d’avaler son sperme, non sans plaisir.

- Pas mauvais… me dis-je intérieurement.

Il termine de se vider dans ma bouche. Je garde un peu de
sa semence sur ma langue pour le savourer. Puis je fais exprès
de déglutir bruyamment pour lui faire comprendre qu’il ne reste
plus rien. J’essuie ma lèvre et lèche mon doigt.

- Alors ?

- Il y a du potentiel… me répond-il, sur le même ton que mon commentaire après ma jouissance.

Je donne une petite claque à son pénis et il le retire de
l’orifice de la paroi, non sans que j’y dépose un dernier baiser.
Comme pour conclure cette première vraie séance de jeu, la
sonnerie des cours retentit.

- Je suis désolé, je dois aller en cours, dit-il, un peu gêné.

- T’inquiète, je sais. File.

- On se reverra ?

- Peut-être.

Ma réponse semble l’inquiéter un peu, mais un sourire
narquois se dessine sur mon visage. Ce serait trop facile, sinon,
tu ne trouves pas ?

Je l’écoute se rhabiller, puis sortir et disparaître dans le
monde réel.

- À bientôt, j’espère, lâche-t-il à mon attention, avant de fermer la porte.

Je lui adresse un clin d’œil invisible, avant de pousser un
soupir de satisfaction.

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