layout: chapitre type: chapitre numero: 2 titre: "La Boîte Noire" permalink: "/c/boite-noire/2" histoire_link: "/c/boite-noire/"
C’est le grand soir. Solène a investi dans une tenue de goût largement plus haut de gamme que ce qu’elle peut s’offrir d’habitude. Sa lingerie est parfaite et elle s’est assurée que son épilation intégrale ne souffre d’aucun loupé. Une journée complète de soins dans un institut est nécessaire pour qu’elle ressemble à une mariée de l’ombre, offerte à l’obscurité du secret.
Elle décide de prendre de l’avance pour ne pas risquer d’être en retard. Sans grande surprise, une limousine vient la chercher à la minute près. Elle finira sans doute par s’habituer à être privée de tout point de repère, se dit-elle. Une simple étudiante embarquée dans un vrai film d’espionnage…
La prise du chauffeur sur son bras est plus vigoureuse et le pas vers sa destination plus vif que l’autre jour. Solène éprouve un instant l’envie de fuir. Que va-t-il se passer ? Son cœur commence à battre la chamade. Elle se retient de dévoiler la moindre faiblesse.
Elle marche cinq minutes dans une allée pavée, tandis qu’une odeur de nature presque sauvage parvient à ses narines. Elle se trouve dans les quartiers chics ou bien à l’extérieur de la ville. Peu importe.
De lourdes portes claquent derrière elle : elle ne peut plus reculer à présent.
Une main, féminine cette fois, la guide avec plus de douceur. Aucun mot ne sort de la bouche de cette personne. Les pieds de Solène touchent une moquette confortable. Et bientôt, le froid de la pierre. Des marches mènent dans une cave ou un souterrain. L’odeur de renfermé lui pique les narines. Elle a peur.
Une grande salle. Imposante. Un écho de chuchotements. La jeune femme n’a aucune idée du nombre de personnes qui baissent soudain le volume sonore à son arrivée. On la fait avancer, encore et encore, jusqu’à un promontoire précédé de deux marches. On lui demande de s’arrêter.
Elle étire son dos pour se présenter sous son meilleur jour. Autant pour espérer séduire l’assistance que pour se donner du courage. Ne montrer aucune faiblesse.
Une longue minute passe. Elle sent sur l’ensemble de son corps les regards se poser, presque la toucher. Une sensation étrange d’excitation et de dégoût assèche sa bouche. Elle ne voit toujours rien.
Une exclamation brise le silence consensuel des lieux. La voix masculine appartient sans doute à un homme âgé, visiblement habitué à prendre la parole en public.
– Étienne avait raison, elle est parfaite. Elle lui ressemble trait pour trait. C’est incroyable.
– Quel âge as-tu, jeune femme ?
– 21 ans, répond-elle, sans trop savoir quel ton adopter.
Un silence lourd s’installe. Sans savoir pourquoi, elle sent les sourires transformer les visages. Plus encore lorsque la présence féminine s’approche dans son dos et glisse à son oreille une simple consigne.
– Laisse-toi faire.
La voix est presque… compatissante.
La fermeture éclair de sa robe descend lentement, dévoilant ses épaules, puis son corps tout entier. Elle espère avec une certaine appréhension que sa lingerie fera impression. La puissance des regards se renforce, accompagnée de sourires lubriques qui la perturbent quelque peu. Solène ne voit rien, mais ses sens en alerte ne la trompent pas.
– Comment t’appelles-tu ? demande un autre homme.
– Solène.
– Cette nuit, tu t’appelleras Léa, assène-t-il comme un ordre.
– … Je m’appelle Léa, répond-elle, se prêtant au jeu sans chercher à contester les règles.
Elle sent une sorte de satisfaction flotter dans l’air. La femme derrière elle dégrafe le soutien-gorge de Solène et fait chuter au sol sa petite culotte. Elle est à présent nue.
À sa grande surprise, elle ne le reste pas longtemps. L’inconnue presse contre ses seins un nouveau soutien-gorge, semble-t-il un peu petit pour elle. Puis, lui levant la jambe, elle la force à enfiler une petite culotte étrangement commune au toucher, là encore très étroite, cachant sans doute à peine son sexe.
Solène est perdue et ne comprend rien. Elle ne bouge pas plus que nécessaire, comme une poupée de chair. La femme qui l’a habillée recule, lui intimant une dernière consigne qui achève de la mettre mal à l’aise.
– Maintenant, ne bouge plus, ma chérie.
Ce n’est pas un « ma chérie » que l’on dit à une amante ou une amoureuse. C’est autre chose, murmuré avec une tendresse presque touchante.
Un grand bruit métallique la tire de ses pensées, ne lui laissant guère le temps de se questionner. Un lourd objet semble descendre vers elle depuis le plafond dans un cliquetis mécanique. L’objet tombe lourdement au sol.
C’est une cage.
Solène exécute un pas de côté et constate qu’elle ne s’est pas trompée. Quelques dizaines de centimètres suffisent pour lui faire découvrir avec effroi la froideur glaciale des barreaux. À peine de quoi bouger latéralement et à peine plus pour exécuter un pas en avant ou en arrière. Il lui faut un effort mental conséquent pour ne pas se mettre à pleurer.
Un silence bien trop long s’installe et le courant se coupe dans un grand bruit sourd de levier qu’on abaisse dans les vieux films. Les présences approchent à présent de la cage et de la belle prisonnière qui s’y trouve.
Elle sursaute lorsqu’elle sent deux mains chaudes et calleuses la toucher. La palper. Elle tremble en sentant une nouvelle paire explorer son corps. Et une autre. Et encore une autre. Les doigts et les mains semblent innombrables, glissant partout, nulle part, effleurant tantôt l’innocence, tantôt le vice.
Deux doigts se glissent dans sa bouche et Solène ne lutte pas. Ils viennent caresser sa langue, l’appelant à jouer. La jeune étudiante se rappelle pourquoi elle a accepté de venir et renonce à la peur. Elle commence à sucer les doigts. C’est alors qu’on retire le bandeau de ses yeux.
Devant elle, des bras et des corps inconnus. Certains âgés, d’autres appartenant à de jeunes adultes. Des hommes, à ce qu’elle en voit. Elle n’a qu’une certitude : tout est fait pour qu’elle soit en pleine lumière et que les protagonistes de cette pièce de théâtre malsaine restent cachés dans les ténèbres. Elle est comme dans une boîte noire.
Les sexes dressés entrent dans la cage, exigeant qu’elle s’en occupe. Solène se met à genoux et commence à leur faire honneur tour à tour. Elle s’applique, pressant ses lèvres sur les glands aussi divers que leurs formes, leur épaisseur et leur longueur, promesses d’ébats aussi variés que nombreux. Sa langue honore les sexes sur toute leur longueur et les excite avec malice une fois plongés dans sa bouche à l’air innocent. Elle adore sucer, cela tombe bien.
Tandis qu’elle s’occupe de l’un des protagonistes, les autres exigent de pouvoir toucher son corps. Les mains se glissent désormais partout, sans mal. Ses fesses sont claquées, l’obligeant à se courber pour s’offrir aux traitements qui siéent à ces hommes avides de chair fraîche. Jamais elle n’aurait cru qu’une cage puisse être aussi accessible.
On étire sa culotte avec un étrange respect, presque une dévotion, pour caresser sa vulve et ses lèvres qui commencent à mouiller sous la chaleur d’un toucher de plus en plus intrusif. Quelques doigts s’aventurent enfin en elle, ne se contentant pas d’explorer son jardin secret. L’entrée des coulisses est visiblement très appréciée. En profondeur.
Solène commence à gémir, un sexe en bouche, essayant de ménager tous ses admirateurs. Elle joue intelligemment de l’étroitesse de la cage pour assurer le plaisir des uns et la frustration largement récompensée des autres. Les silhouettes s’activent dans l’espoir de profiter de ce joli corps d’albâtre, et pas uniquement avec leurs doigts.
Elle finit par leur accorder l’objet de leur désir. La voilà tirée en arrière pour être pénétrée par un premier sexe délicieusement épais. Elle lâche un râle de plaisir en manquant d’avaler celui qui occupe sa bouche dans une grande déglutition qui excite beaucoup l’heureux élu. Il ne manque pas l’occasion de la prendre et de se glisser plus profondément dans sa gorge.
Le corps de la fille lunaire s’étire difficilement des deux côtés, mais le support de la cage lui est étrangement d’un grand secours. Elle trouve la solution pour assurer un maximum de plaisir à tout le monde.
Elle grimace lorsqu’elle sent un simple crachat servir de lubrifiant avant d’être sodomisée. Mais elle ne conteste guère ce droit : après tout, elle apprécie l’intensité.
Elle s’amuse et se plaît à sentir tant de sexes différents en elle. Des petits, mais bien larges, des plus longs et fins, certains armés de douceur, d’autres d’une certaine sauvagerie. Elle mouille abondamment sous les coups de reins. Sa poitrine sort ostensiblement du soutien-gorge, léchée et tétée lorsque sa position précaire offre à certains le loisir de s’y abreuver.
La soif de plaisir des hommes n’a pas de limite. Mais la sienne non plus. Bien que sceptique, elle laisse deux hommes visiblement impatients d’être en elle partager son être. Un troisième vient vite combler ce qu’il reste possible de prendre en grimpant sur les barreaux afin de s’offrir un angle parfait pour entrer dans ses fesses.
Solène s’agrippe aux barreaux, retenant un cri mêlé de douleur et de plaisir, la première s’éteignant pour laisser le second prendre ses aises. Inutile pour elle de crier : un sexe vient immédiatement étouffer toute expression buccale.
L’excitation est à son paroxysme. Elle prend son pied et ces hommes encore plus. Certains ne peuvent plus lutter contre le plaisir et l’excitation du spectacle de cette jeune femme prise de toutes parts, se plaisant à assouvir tous les fantasmes, même les plus vicieux.
Elle ne leur refuse rien. Chaque demande est honorée avec zèle. Solène s’amuse à faire monter les enchères, n’hésitant pas à se retirer de certains pour s’offrir à d’autres, exigeant des caresses ou les propositions les plus salaces avant d’accorder le droit d’accès aux tréfonds de son âme comme de son corps.
Le premier à craquer éjacule abondamment sur son visage. Solène lèche doucement le contour de sa bouche sans le lâcher des yeux, percevant une immense satisfaction qui inspire tous les autres. Tour à tour, plusieurs choisissent de remplir sa bouche de leur sperme chaud, leurs glands étant sucés et essorés jusqu’à la dernière goutte sous le même regard provocateur.
D’autres ne se contentent pas de rester à l’extérieur. Le premier à entrer en elle ne résiste pas à l’étroitesse de ses fesses. Il jouit bruyamment, inondant son cul de tout son soûl, prenant un malin plaisir à voir son anus dégouliner du produit de son plaisir.
À son grand étonnement, son vagin reste vierge de toute souillure. Elle remarque alors que ceux qui ont joui se retirent progressivement du spectacle, comme pour regarder le dernier qui demeure près de la cage.
Solène ne peut qu’apercevoir le visage masqué d’un homme d’une soixantaine d’années. Elle déduit de la diminution de l’intérêt des autres que ce personnage est le centre de tout. Sans doute l’hôte de cette soirée.
Il s’installe derrière Solène et soulève ses fesses pour la faire s’empaler sur lui. Son sexe entre dans le sien et la jeune femme apprécie de terminer avec celui qui semble le mieux membré. Une longue levrette commence sous le regard visiblement envieux de toute l’assemblée. L’homme prend son temps, mais ne ménage nullement la prisonnière qui se tient aux barreaux pour contenir les assauts.
Malgré la passion qui anime ses coups de reins, Solène se sent étrange. Autant elle est clairement l’objet de la luxure de tous les hommes précédents, autant ce dernier semble éprouver pour elle quelque chose de plus fort. De plus pur. Une certaine tendresse enserre les hanches de la jeune femme. Et, sans pouvoir exactement expliquer pourquoi, elle se sent comme une déesse entre ces doigts attentifs.
Entre les murmures de satisfaction à chaque pénétration, l’homme répète un prénom. Celui de Léa. Il semble de la même manière prêter une attention particulière à la petite culotte qu’elle porte, ou bien au soutien-gorge qui ne soutient d’ailleurs plus grand-chose…
Après une bonne heure de plaisir intense, l’étrange personnage se laisse aller au plaisir ultime. Il serre Solène contre les barreaux pour s’insérer au plus profond d’elle et jouit dans un grand râle. Pas comme un homme se viderait simplement en elle. Solène est convaincue qu’il aurait aimé la mettre enceinte s’il le pouvait…
Il reste de longues minutes en elle, conservant sa précieuse semence comme une offrande dans un temple. Il caresse le dos de Solène, qui se sent un peu perdue entre le plaisir d’avoir assouvi tant d’êtres et la frustration de passer à côté de quelque chose, d’un pourquoi qui emplit la salle silencieuse et secrète.
Les personnages disparaissent peu à peu, laissant progressivement un simple duo : Solène et ce mystérieux hôte. Ce dernier se contente de fixer le corps souillé de la jeune femme. Il ressent intérieurement une forme de répulsion et d’amour. Leurs yeux se croisent, mais seule l’incertitude transite d’âme à âme.
Il ne dit rien et se retire, fermant au loin une lourde porte métallique.
Les lumières se rallument, dévoilant une grande salle qui doit être un auditorium privé. Le chauffeur arrive par la porte d’entrée et se dirige vers Solène, n’attardant pas son regard sur l’intimité et l’état de la jeune femme. Il lui offre une grande serviette puis, se retournant vers l’entrée, lui indique simplement qu’elle trouvera une salle de douche. Il la ramènera lorsqu’elle sera prête.
Sous l’eau chaude, Solène se questionne et laisse toutes ses émotions couler avec le savon. Elle est partagée entre un profond sentiment de satisfaction, la sensation d’être souillée et un questionnement intérieur. Si cette expérience s’avère exceptionnelle, elle reste frustrée de ne pas comprendre le sens de tout cela.
Rentrée à bon port, elle se glisse sous les draps et, après une longue hésitation, envoie un message à Étienne. Deux jours plus tard, il l’invite de nouveau à le rejoindre dans sa chambre.
Étienne l’accueille avec un grand sourire. Il commence par la rassurer sur le fait qu’elle recevra d’ici 24 heures la somme promise. Mais il comprend à la réaction presque désintéressée de Solène que ce n’est pas l’objet de sa venue.
S’armant d’un certain courage, elle met les pieds dans le plat.
– J’ai besoin de savoir, Étienne. Qui est Léa ? Pourquoi ces sous-vêtements ? Pourquoi l’hôte m’a-t-il traitée aussi étrangement ?
Étienne s’assombrit. Aucune colère ne monte en lui, mais la jeune femme sent que le sujet est sensible et source de tristesse.
– Es-tu sûre de vouloir savoir ? Tu ferais mieux de rester dans l’ignorance.
Solène acquiesce. Étienne prend une grande inspiration et se dirige vers la fenêtre, verre à la main, fixant le ciel. La pièce semble s’emplir de mélancolie. D’une voix grave, il décompose lentement trois courtes phrases. Celles-ci font jaillir dans toute la colonne vertébrale de Solène un frisson d’effroi presque surnaturel.
– Léa était sa fille. Elle est morte. Et tu portais sa dernière tenue.

Voulez-vous poster un commentaire ?